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Gabon : Paris réagi à la fermeture des frontières aux leaders politiques

Le Quai d'Orsay a très vite réagi à l'interdiction donnée aux leaders politiques gabonais de quitter le territoire national, en rappelant son attachement à l'exercice des libertés publiques. Cette réaction prompte de Paris s'inscrit dans un contexte particulier puisque la France vient d'être la cible des violences post-électorales à Port-Gentil, accusée d'avoir soutenu l'élection d'Ali Bongo Ondimba, et trouve ici l'occasion de redorer son image en apportant une critique au pouvoir en place.

Alors que la France et les réseaux occultes de la Françafrique sont au coeur de la polémique sur l'élection présidentielle contestée du 30 août dernier, Paris a réagi avec promptitude à l'annonce par les autorités gabonaises de l'interdiction de quitter le pays faite aux leaders politiques de tous bords.


«Nous rappelons notre attachement au plein exercice des libertés publiques», a déclaré la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages, précisant qu'«à ce stade nous vérifions cette information».

Le ministre gabonais de l'Intérieur a décidé d'une interdiction totale de quitter le territoire national pour tous les leaders politiques du pays jusqu'à l'aboutissement de l'enquête devant déterminer les responsables des violences post-électorales de Port-Gentil.

Interdit d’embarquer pour Abidjan (Côte-d’Ivoire), le 9 septembre dernier, le Président du Rassemblement pour le Gabon (RPG), Paul Mba Abessole, a été le premier à faire les frais de cette mesure.

«On ne peut plus bouger, on ne peut plus sortir librement du pays, on resserre l’étau pour montrer que c’est la dictature qu’on installe», a estimé Mba Abessole.

«C'est une mesure surprenante, je ne comprends rien», déclare l'ancien Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, affirmant avoir appris la nouvelle «par la radio». Le conseiller de Casimir Oyé Mba estime que «c'est une erreur. On n'empêche pas quelqu'un de quitter le territoire sans l'en avoir informé», alors qu'un député du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ, opposition) dénonce une «atteinte à la liberté de circuler», expliquant que «rien ne justifie que des personnes qui ne sont pour rien dans les violences soient directement menacées dans leurs libertés individuelles».

La réaction prompte de la France à cette décision intervient alors que Paris a été accusé par de nombreux opposants et une frange de la population d'ingérence dans l'élection d'Ali Bongo Ondimba à la tête du pays.

Une position niée en bloc par l'Élysée. Sur la question de la fraude ou du recompte des voix, «nous n’avons pas à nous prononcer sur de telles demandes», estime le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, précisant qu'«il appartient aux candidats qui souhaitent un recomptage des voix de recourir aux procédures constitutionnelles prévues à cet effet».

Concernant les félicitations du président Sarkozy à Ali Bongo avant la fin des contentieux, le diplomate a simplement confirmé les félicitations du président français.

Cette réaction un peu rapide de la France dans le contexte actuel laisse penser à une tentative pour redorer son blason auprès des dénonciateurs de la Françafrique qui brandissent haut les promesses de rupture de Nicolas Sarkozy, alors que des mouvements de protestation se préparent devant l'Élysée.

Publié le 10-09-2009    Source : gaboneco.com     Auteur : gaboneco   

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