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Obobogo-rail : Danse avec les flammes

deraillementUn train transportant du gasoil a dérapé vendredi dernier causant un grave incendie avec à la clé deux morts.

Alors que le quartier Obobogo, situé au sud de la ville de Yaoundé, s’est réveillé sous une épaisse couche de brouillard en ce samedi 29 août 2009, des kilomètres plus loin, à l’hôpital central de Yaoundé, le regard absent, le caporal chef Jean Pierre Menguélé, de la brigade des sapeurs pompiers de Warda à Yaoundé, est étendu sur un lit. Sur son avant-bras droit, est fixée une perfusion. A l’évocation des événements de la journée du vendredi 28 août, il répond, la gorge serrée “c’est douloureux”. L’homme qui a inhalé des gaz était porte lance lors de l’incident.
Si Jean Pierre Menguélé a échappé aux flammes cela n’a malheureusement pas été le cas de ces deux employés de la société de gardiennage Africa Security, qui y ont laissé de leur vie.

Léon Ndjack Djim, brûlé au 3ème degré a succombé à ses blessures quelques heures après l’accident. Il venait à peine d’être affecté à ce poste. Son collègue, Martin Naoussi, 29ans, porté disparu dans la foulée de l’incendie, a été retrouvé samedi matin, sans vie coincé entre deux wagons. Tous deux étaient chargés de la sécurité du train lors du voyage. Les gendarmes et les pompiers en faction observent les curieux sortis en grand nombre, jusqu’au moment où l’un d’eux découvre le corps sans vie et à moitié enterré de Martin Naoussi. Son corps n’est pas calciné.
Les gendarmes imposent immédiatement un périmètre de sécurité obligeant les populations qui souhaitent traverser le chemin de fer, à détourner leur passage. Très rapidement, les populations commencent à refluer vers le lieu du drame. La route se remplit de curieux, des éléments des deux brigades (Gendarmerie et recherche) et des deux commissariats d’Efoulan, qui viennent en renfort.

Décès
“C’est aux environs de 10 h 30, que le train venant de Douala est arrivé ici”, nous confie Alvine Ndjetchou, gérante d’un “call-box” à quelques pas de la voie ferrée. “Eric (Le vigile de service (ndlr) a essayé d’avertir le conducteur du train, pour qu’il ralentisse car il y avait un rail qui était coupé ici. Mais le train roulait à vive allure. Il n’a pas ralenti”, poursuit-elle. “La locomotive est passée, de même que les deux wagons fourgons, mais avec difficulté”, renchérit Cyrille Kana, un riverain, qui dit avoir vécu la scène. “C’est le premier wagon citerne qui a déraillé, entraînant avec lui plusieurs autres. Dans leur chute, il y a eu des étincelles, qui ont mis le feu au gasoil qui coulait déjà. J’ai d’abord paniqué. Mais après je suis allé couper le courant électrique et j’ai appelé le 118 et le 113.Au bout du fil on m’a raccroché au nez en ricanant. Il devait penser que c’était une farce”, poursuit-il.

Tout s’est accéléré. L’unique citerne en flammes restée sur les rails s’est éventrée. Une gigantesque flamme de plusieurs centaines de mètres de hauteur, noyée dans une masse de fumée s’élève dans le ciel. La panique s’installe. Dans le quartier, certains pensent revivre les événements d’un 14 février 1998, la catastrophe de Nsam. Mais il n’en est rien. A 11 heures, le sous Préfet de Yaoundé 3 arrive dans le quartier. Après un bref entretien avec des éléments des forces de l’ordre déjà présents sur les lieux, il se dirige vers la source de l’incendie, le téléphone à l’oreille. A mesure qu’il s’avance, la fumée se fait de plus en plus noire et épaisse. Impossible de voir à plus de trois mètres autour de soi.

Un gendarme essaye de le dissuader de continuer sa marche vers le feu. En vain. A moins de cent mètres du passage à niveau, une explosion éclate. Débandade. A petite foulée, le sous Préfet fait demi tour. De même que les gendarmes qui l’accompagnent. Il est toujours au téléphone avec un interlocuteur à qui il répond en disant “chef”. Il toussote, demande et obtient un mouchoir. Sous l’effet de la fumée, son costume rayé bleu clair se noircit. Les habitants n’osent pas encore s’approcher si près du feu. Les occupants des maisons les plus proches du chemin de fer s’enfuient à toutes jambes en poussant des hurlements stridents, rajoutant ainsi à la confusion. 11 heures 12minutes. Le premier camion citerne des sapeurs pompiers arrive, toutes sirènes hurlantes, et va s’immobiliser devant les deux uniques citernes épargnées par les flammes. Huit minutes plus tard, les pompiers commencent à arroser la citerne en feu la plus proche, “pour circonscrire le feu”, nous révèlera plus tard l’un d’eux.

André Mama Fouda
Entre temps, un second foyer, le plus important d’ailleurs, s’est déclaré à une vingtaine de mètres du passage à niveau, sur un terrain nu que les jeunes du quartier et même ceux du quartier Damase voisin utilisaient comme aire de jeu. La première des 14 citernes qui y sont tombées, prend feu. Les pompiers, déjà en grand nombre, essayent de calmer l’incendie. Six minutes plus tard, rebelote. Une détonation retentit. Une seconde citerne prend feu. Puis une autre. Les flammes montent maintenant jusqu’à pus de 20 mètres, sous l’œil impuissant des pompiers qui ont d’ailleurs reculé d’un cran. Le gasoil qui s’échappe des citernes va suivre une buse souterraine, où se cachaient d’ailleurs une minute plus tôt des jeunes surpris par les flammes sur le terrain de jeu, pour rejoindre le lit d’un cours d’eau qui traverse le quartier.

Le feu va immédiatement suivre, brûlant à son passage des palmiers et des manguiers. Une autre citerne, tombée vis-à-vis des 14 autres, a elle aussi pris feu. Les flammes gagnent progressivement un garage, brûlent la clôture en bois et deux véhicules, avant d’être stoppées par les pompiers. Au moment de la chute des 14 citernes, sept enfants étaient en train de jouer au football en contrebas de la voie ferrée. Deux d’entre eux, Serge Femi et Nestor Belinga, 9 ans, seront rattrapés par les flammes. Le premier est légèrement blessé. Le second, dont les blessures à la tête et aux pieds sont importantes, est transporté à l’hôpital de district d’Efoulan, puis à l’hôpital central de Yaoundé, d’où il sortira à 22 heures. Il nous confiera plus tard que, s’étant réfugié dans la buse, c’est la chaleur qui s’est répandue dans celle-ci qui lui a brûlé la nuque et les pieds. Il a d’ailleurs juste eu le temps d’en sortir, avant que le feu ne s’y infiltre.

Le quartier et ses environs, sont privés d’électricité car des poteaux comportant des câbles Aes-Sonel viennent de chuter. Les gendarmes arrivés sur les lieux en premier, ont pu maintenir à bonne distance les populations et curieux. Leurs effectifs sont par la suite renforcés par des éléments de la police et ceux de l’armée. Un périmètre de sécurité a été installé pour isoler les wagons touchés par les flammes. Les forces de l’ordre sont sur les dents. A coup de fouet et de matraques, ils éloignent les nombreux curieux. Quelques personnes sont brutalisées et légèrement blessées. Des officiels arrivent progressivement. D’abord le ministre de la Santé, dont le domicile est dans le périmètre à risque. Il ordonne que soient évacués tous ses véhicules tandis que lui-même s’engouffre dans la concession principale avant d’en ressortir quelques minutes plus tard. Le ministre de la Défense ; le délégué général à la sûreté nationale…et le Chef d’Etat Major du corps national des sapeurs pompiers, venu encourager ses hommes, dont deux ont été blessés et transportés d’urgence à l’hôpital central de Yaoundé, sont également présents.

Joséphine Abiala et Serge D. Bontsebe (Stagiaire). Mutations

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