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Cameroun: le gouvernement remanié, Yang Philemon nouveau Premier ministre

YAOUNDÉ (AFP) — Le président camerounais Paul Biya a remanié mardi le gouvernement et nommé M. Yang Philemon au poste de Premier ministre en remplacement de M. Ephraïm Inoni, qui occupait ce poste depuis décembre 2004, selon des communiqués officiels diffusés par la radio d'Etat.

Yang Philemon, 62 ans, anglophone, originaire de la province du Nord-Ouest et membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, pouvoir), était précédemment secrétaire général adjoint de la présidence. Il a été plusieurs fois ministre.

Son prédécesseur Ephraïm Inoni, qui aura 62 ans en août, également anglophone et membre du RDPC, est lui, originaire de la province du Sud-Ouest. Il avait été nommé à la tête du gouvernement en décembre 2004.

Plusieurs membres de l'ancien gouvernement ont été reconduits dans la nouvelle équipe, marquée par l'entrée de huit personnalités pour remplacer autant de départ, ainsi plusieurs permutations, d'après d'autres décrets diffusés par la radio.

Le départ le plus remarqué est celui de Rémy Zé Meka, qui était ministre délégué à la présidence chargé de la Défense. Il est remplacé à ce poste par l'ancien patron de la police camerounaise, Edgard Alain Mebe Ngo'o

Parmi les ministres qui n'ont pas été reconduits, figurent aussi Haounaye Gounoko (Transports), Mme Haman Adama (Education de base), Augustin Edjoa (Sports et Education physique), Jean-Bernard Sindeu (Eau et Energie) et Mme Suzanne Mbomback (Promotion de la Femme et Famille).

Ce remaniement était attendu depuis plusieurs mois au Cameroun.

"Qu'on jette un coup d'oeil sur la liste des grosses légumes que le remaniement ministériel (...) a laissées sur le carreau, pour se rendre compte que le Landerneau politique camerounais (...) a connu une secousse d'une amplitude considérable", écrit le journal privé Mutations.

Des figures importantes, parfois fidèles du président et titulaires de longue date de portefeuilles-clés, ont dû quitter brutalement leur poste, notamment trois ministres d'Etat: Jean-Marie Atangana Mebara (Relations extérieures), Augustin Frédéric Kodock (Planification) et Ferdinand Léopold Oyono (Culture).

Les ministres des Transports Dakolé Daïssala, de l'Economie et des Finances Polycarpe Abah Abah, de la Santé Urbain Olanguena Awono, de l'Industrie Charles Salé, des Affaires foncières Louis-Marie Abogo Nkono ou de la Communication Ebénézer Njoh Mouelle, font également les frais du remaniement.

Selon la presse, ces personnalités, souvent originaires de la même région du Sud que le chef de l'Etat, paient leurs ambitions présidentielles affichées pour 2011, scrutin auquel la Constitution interdit - théoriquement - à Paul Biya de se représenter.

"Paul Biya musèle les siens, coupables d'empressement gênant pour 2011. Il étouffe les velléités présidentielles venant de son aire géographique", croit savoir Le Messager. Ce nouveau gouvernement porte "l'empreinte du nouveau cercle rapproché du président Paul Biya, où, pour la première fois, l'on ne retrouve plus guère de +frères du village+", estime Mutations.

Les sanctionnés paient, selon la presse, leur appartenance au G11 ou Génération 2011, une nébuleuse informelle constituée par des caciques en vue de l'échéance présidentielle.

"On en parle beaucoup dans la presse, mais ce n'est pas quelque chose de structuré, d'officiel. Est-ce un fantasme ou est-ce réel?", s'interroge un diplomate à Yaoundé.

Selon des spécialistes, nombre de ministres partis paient le prix, soit de leur "incompétence notoire", soit de forts soupçons d'enrichissement illicite, à l'heure où le Cameroun, s'est lancé, pour plaire aux bailleurs de fonds, dans une opération anticorruption, Epervier, qui a déjà envoyé chez les juges, voire en prison, plusieurs hauts responsables.

Polycarpe Abah Abah, cible d'une campagne de presse, a été écarté à la suite des "pressions de la rue, de l'opinion publique", mais également des bailleurs de fonds, affirme un haut fonctionnaire camerounais.

L'un de ses collègues s'est vu reprocher des "collusions d'intérêt dans plusieurs projets (...) des fautes de gestion et des détournements qui ont suscité l'ire de partenaires internationaux", assure un universitaire.

"Certes, mais ils sont loin d'être les seuls dans ce cas", tempère le diplomate.

Quant au "renouvellement de la classe politique" évoqué par le Cameroon Tribune (gouvernemental), il reste relatif. "Il y a pas mal de gens qui restent en place. Et les remplaçants (des partants) ont pour certains déjà occupé des postes", note le diplomate.

Fidèle à son habitude, Paul Biya a finalement décidé seul et a brouillé les cartes, laissant perplexe les analystes.

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