Related Posts with Thumbnails

Gouvernance : Des auditeurs du Fonds mondial enquêtent au Cameroun

synergieafricaine1Ils veulent s’assurer que les fonds alloués dans le cadre de la lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose ont effectivement atteint leurs cibles.

L’équipe des auditeurs du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme (Fmstp) qui enquête au Cameroun à propos de la gestion des financements cumulés accordés au pays, est dirigée par Oumar Loukili et Agustinus Mangampa. Tous deux rattachés à l’inspection générale du Fmstp, ils ont jusqu’au 09 septembre prochain pour édifier la direction du Fonds mondial, sur la destination des 71,5 milliards de Fcfa accordés par le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme au Cameroun.

Selon des fiches techniques disponibles sur le site de l’organisme, les auditeurs qui seront rejoints dans les prochains jours par l’inspecteur général, ont notamment la charge de trouver des informations précises sur d’éventuelles distractions des financements alloués. S’il s’agit, apprend-on, comme dans tous les pays, de savoir si effectivement, une partie ou la totalité de la subvention octroyée au Cameroun a été détournée par les agents de l’Etat, il est davantage question de vérifier pour le cas du Cameroun, si l’argent du Fmstp est concerné par les détournement présumés perpétrés dans les programmes Sida, tuberculose et paludisme.

En d’autres termes, la mission en cours s’intéresse à la gestion des enveloppes financières allouées à la lutte contre ces trois maladies, pour laquelle les inculpés de l’opération épervier (les anciens responsables du ministère de la Santé publique dont le chef du département de l’époque, Urbain Olanguena Awono), sont poursuivis de détournement de plus de 14 milliards de Fcfa des programmes Sida, tuberculose et paludisme. Une accusation contre laquelle, ils plaident non coupables. De son côté, le directeur du programme, Michel Kazatchkine a indiqué dans un courrier électronique adressé aux autorités camerounaises que l’ensemble des fonds alloués à ce pays avaient été bien gérés.

Rapport
“Notre mission au Cameroun ne consiste pas à dire si oui ou non les responsables ont bien ou mal géré les subventions. Mais de vérifier que les sommes allouées ont atteint les cibles. Ceci veut dire que si les marchés ont été passés, nous nous assurons qu’ils ont été effectivement exécutés. S’il est dit que des dépenses ont été faites, qu’elles répondent au cahier des charges. Mais si des agents de l’Etat ont détourné l’argent du Fonds mondial, que les pouvoirs publics camerounais s’engagent à le payer. Faute de quoi, le Fonds mondial peut prendre des mesures allant jusqu’à suspendre le pays dans le cadre du programme”, explique Agustinus Mangampa répondant aux questions du reporter de Mutations.

D’après des informations, la délégation du Fonds mondiale séjourne au Cameroun depuis deux semaines. Après avoir été reçue par le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, elle entame ce 22 août, une semaine de travail au groupe technique du Littoral à Douala. Dans ce démembrement du comité national de lutte contre le Sida faut-il le rappeler, l’ancien coordonnateur accusé de détournement de deniers publics, le Dr Rudolf Mbangué vient d’être condamné à 15 ans de prison. Les auditeurs du Fmstp, au cours de leur expédition camerounaise devraient également rencontrer le Vice-premier ministre en charge de la Justice. Mais déjà, ils ‘ont pu avoir accès au ministre délégué à la présidence de la République en charge du Contrôle supérieur de l’Etat, Siegfried Etame Massoma dont les services ont commis le rapport mettant en cause les responsables des programmes incriminés. Les collaborateurs du ministre Etame Massoma ont excipé qu’il se trouve en congé.

Pour renforcer les programmes de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le Cameroun a signé, depuis 2003, six accords de financements sous forme de dons, d’un montant total de 71,5 milliards de Fcfa (145 millions de dollars), avec le Fonds mondial. Au cours d’une audience que le Premier ministre, Ephraïm Inoni, avait accordé au directeur exécutif du Fonds mondial, Michel Kazatchkine le lundi 18 juin 2007 dans ses services, le locataire de l’immeuble Etoile de l’époque indiquait que “les subventions ont efficacement contribué à la réduction des coûts de traitement du Sida et permis au Cameroun de décider de l’accès gratuit aux Arv depuis le 19 avril 2007 pour les malades du Sida. Ce qui témoigne de la relation de qualité qui lie le pays à cette institution”.

Epée de Damoclès

Le 17 décembre 2004, le gouvernement camerounais signe un accord de convention avec le Fonds mondial. Sur la même lancée, le 1er janvier 2005, la subvention prend effet par un premier décaissement de fons pour la lute contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Dans le cas du Vih/Sida, environ 8 milliards de Fcfa sont prévus à la subvention des anti-rétroviraux (Arv); des quatre examens biologiques recommandés pour le suivi des malades sous Arv dont les coûts seront réduits de moitié tous les six mois (ils passeront ainsi de 35 750 F cfa à 18 000 F cfa); à la prise en charge des malades à domicile (à cet effet, 400 agents de santé seront recrutés, formés et payés pour fournir les soins à domicile aux malades du sida); à la fourniture des médicaments pour prévenir les infections opportunistes; à la prise en charge des orphelins du sida.

En ce qui concerne le paludisme, environ 9,146 milliards de Fcfa serviront de fournir gratuitement les moustiquaires imprégnées d’insecticides aux enfants âgés de zéro à cinq ans. Il se sera également agi de renforcer la prise en charge du paludisme dans les formations sanitaires et les ménages ; d’impliquer les communautés dans la lutte contre le paludisme. Dans le même ordre d’idées, le Fmstp met à la disposition des malades, de nouvelles combinaisons médicamenteuses contre le paludisme. Leur introduction sur le marché et leur accessibilité ont été rendues possibles grâce à cette coopération entre le Fonds mondial et le Cameroun.

Dans le même temps, 1,612 milliards Fcfa sont alloués à la lutte contre la tuberculose. Au renforcement des infrastructures de prise en charge de la maladie, plus précisément. Il s’agit entre autres, de la construction et l’équipement de 18 nouveaux centres de diagnostic et de traitement de cette infection, la réhabilitation et l’équipement des centres de traitement existants dont l’hôpital de Jamot et la Polyclinique Akwa de Douala, le renforcement de la logistique du programme de lutte contre la tuberculose à travers l’achat de motocyclettes et véhicules, la formation du personnel, l’acquisition des antituberculeux.

Le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme qui évalue régulièrement la gestion des financements alloués, a demandé au Zimbabwe de rembourser 7,3 millions de dollars détournés dans le cadre des subventions allouées au plus tard le 6 novembre 2008. Faute de quoi, aucune subvention ne serait plus accordée au Zimbabwe. Une épée de Damoclès qui pourrait peser sur le Cameroun au cas où… Une lourde menace, d’autant que l’organisme international, basé à Genève, a cinq subventions en cours au Zimbabwe, d’une valeur totale de 88 millions de dollars, et a versé un peu plus de 39 millions de dollars entre 2004 et 2007, pour aider à inscrire 13 000 personnes à des programmes de traitement contre le sida et à fournir 330 000 moustiquaires traitées à l’insecticide pour lutter contre le paludisme.

Léger Ntiga. Mutations

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs Ma Page sur Hellocoton Recettes de cuisine

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×